C'était mieux avant ? !

Des témoignages de ceux qui ont connu Mar Vivo il y a quelques décennies.

Le témoignage de Philippe Da Prato

Face à toutes ces affabulations que je lis de la part de ces « vrais seynois » et de LEUR plage, je retrouve ce texte que j’avais publié sur le collectif il y a quelques temps afin que les nouveaux seynois ne soient pas trompés.


Je fréquente assidûment la baie des Sablettes depuis plus d’un demi-siècle…Dès l’autorisation parentale( et même un peu avant), je partais du « Coursse », serviette sur les épaules pour rejoindre copains et copines à la plage…Le car étoile à l’aller et les jambes pour revenir par le vieux chemin des Sablettes car l’argent du retour ainsi économisé permettait d’investir dans un Pivolo à la menthe acheté à la petite épicerie de quartier qui se trouvait sur le parcours ( à la hauteur du complexe sportif actuel).


Dans les années 70 nous étalions nos serviettes sur le mur de St Elme, celui qui borde toujours le petit port, auquel nous accédions par une passerelle, l’anse étant ouverte vers le large et permettant les échanges avec la baie au gré des courants. Nous plongions alors dans ce que les anciens appelaient le trou de bombe…Les petits pêchaient au zigou-zigou dans les rochers. Par coup d’Est nous aidions les pêcheurs à remonter leurs embarcations le plus près possible des cabanons.


A Mar Vivo, dans la même période, la plage était le plus souvent immense (parfois jusqu’à 20 m pour arriver à l’eau et en pente très douce). Nous y faisions des parties de Volley historiques tous les après-midi (le soir les grands mettaient le filet) et la cohabitation avec les allongés était (relativement) aisée. A la mi-temps nous montions par une échelle métallique rouillée plus ou moins suspendue au muret sur la terrasse de la ruine de la « maison de campagne » des Maristes où nous y dégustions un infâme café turc concocté dans un cafouche masqué par un rideau de toile. Au sol les mauvaises herbes et la mosaïque se faisaient concurrence. Pour les pédalos ou les gondolys il fallait aller plus avant sur la plage. L’été une barge était installée sur laquelle nos tentatives de plongée se soldaient souvent par d’énormes gadins tellement les planches qui la composaient étaient glissantes. Quant aux cornets de frites, gaufres ou chichi fregi, il fallait carrément aller au Miramar ou à la roulotte des di Domenico « au fin fond des Sablettes » ( mais cela valait le déplacement!).


Les largades d’Automne étaient redoutables à Mar Vivo qui méritait alors bien son nom ! Souvent l’eau s’engouffrait dans le local de l’Estanco, défonçant la porte de bois et ne laissant qu'un spectacle de désolation. Les vagues pouvaient taper très haut et si violemment qu’une fois, en perdition avec ma planche à voile, projeté contre ce mur j’ai du sacrifier mon flotteur en carbone pour m’en servir de bouclier ! La nouvelle digue de rochers vint effectivement briser les lames d’Est et fit envoler définitivement nos fantasmes de surfeur hawaïen seynois.


A St Elme la transformation de la baie fut radicale et déterminante sur la modification des courants et de l’influence des régimes de vent sur la plage des Sablettes et surtout sur Mar Vivo. Le petit port était maintenant bien mieux abrité mais avec un moindre renouvellement des eaux du fait de la disparition du phénomène de siphonnage par le comblement de la trouée préexistante entre la terre et la digue qui conduit au phare.
Dans les années 80 90, plus argentés, nous avions nos habitudes toujours à Mar Vivo, au « Manihiki » chez Bernard et Mireille puis à « la petite plage »(sous la Vague d’or) jusqu’à ce que la législation fasse disparaître toutes ces baraques de plage. Les paillotes firent alors leur apparition au Parc Braudel. Mais ceci est une autre histoire...

Une note de Gilles Vincent

Sans compter qu'ils ont la mémoire courte ! Ou tout simplement pas la mémoire des lieux. Quand j'etais minot Marvivo a toujours été une plage étroite et très souvent de moins de 2 m !

Nous sommes à la frontière de la côte rocheuse et de la plage de sable. Le nom de Mer Vive rappelle qu'elle est plus agitée qu'aux Sablettes (tiens, on retrouve le mot sable dans ce nom!) donc, le sable s'y depose moins là que de l'autre côté en raison de la houle et des courants.

Mais c'est sûr quand on ne connaît pas un territoire, on peut projeter tant de fantasmes. Quant aux cabannes de plage, il y en avait 2 à 3 selon les années, entre l'Allée Marie et Mer Vivo contre 1 seule aujourd'hui. Il y en avait 2 entre l'Allee Marie et le Provence plage, et au moins 4 au delà

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L'ancien casino de Mar Vivo (mise en page et en vidéo Philippe Da Prado)

L' ancien Casino de Mar Vivo (M/S 14 bis)

La Seyne dans les années 1900: la bande-annonce

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Date de dernière mise à jour : 31/07/2019