Les posidonies Seynoises

Le statut de la posidonie est complexe. D'une manière générale, cette plante est vénérée, voire sacrée, et il est difficile d'en parler calmement.

Voir notre billet : Feuilles mortes de posidonies

Pour tout savoir sur cette plante, le mieux est de le demander à Google. Mais ce dernier ne vous dira rien sur la gestion de cette plante dans la métropole Toulonnaise en particulier et encore moins sur l'approche Seynoise.

L'herbier de posidonie, spécifique de la méditerranée, ne se porte pas mal, mais il est évident qu'il faut le protéger. Cette plante se développe très lentement, et elle est donc fragile. Sa présence est un bon indicateur de la bonne santé de l'endroit où elle est visualisée. Sa disparition révèle que l'endroit se dégrade sérieusement.

Proche de la plage, à part la pollution, les ancres de bateau sont également un danger évident.

Les feuilles de posidonies s'accumulent sur les plages après les largades. Ce ne sont pas les plantes elles mêmes, qui sont ancrées sur le fond avec leurs racines. Pour autant ces feuilles appelées improprement posidonies sont protégées par des lois qui datent de Ségolène Royale. Elles ont une valeur nutritive pour la faune et la flore locales.

Elles sont utilisées sur les plages pour les stabiliser, par la technique du millefeuille, notamment à St Mandrier.

Elles peuvent être déplacées avant l'été pour rendre les plages plus attractives pour le tourisme, et entreposées sur champ, mais remises en bordure de mer avant l'hiver. Cette pratique est appliquée à St Mandrier ou à Six Fours.

Concernant les plages Seynoises, chaque plage doit être abordée différemment, pour les raisons suivantes:

Les posidonies accumulées dans le fond du port de St Elme sont totalement dégradées, pourries, polluées, et non recyclables.

Sur Mar Vivo elles apparaissent en hiver et au printemps, pour s'accumuler sur presque 1 mètre de hauteur, mais elles repartent naturellement avec les beaux jours.

Sur Fabregas, la plage peu pentue laisse des poches d'eau persistantes, ce qui fait que les posidonies ont tendance à pourrir sur place. Cette plage a un aspect un peu marécageux, d'autant plus que le sable est de couleur noire.  Il y a des solutions pour rendre la plage plus attractive pour pas trop cher, tout en respectant ces posidonies. Il ne manque que la volonté.

Posidonies sur la plage de Mar Vivo

Posidonies sur mar vivo

Posidonies restituées à la mer en automne à Six Fours les plages

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Posidonies stockées dans la pinède proche de la mer, à St Mandrier. Elles ont été depuis réutilisées pour stabiliser la plage.

Posidonies st mandrier

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Constat de l'étude 2018 sur l'anse des Sablettes

Dans l'anse des Sablettes, l'herbier à Posidonia oceanica présente une bonne vitalité. Il est dense avec un fort recouvrement (80 % au centre de l'herbier). Son recouvrement diminue plus en profondeur et trouve sa limite vers l’isobathe des -33 m à l’Est et -25 m à l’ouest. Cette régression d’est en ouest est marquée par la présence de matte morte en limite inférieure jusque l’isobathe des - 30m. Malgré la présence de matte morte, l’herbier semble stable et cette régression serait due à un phénomène passé. 

Au droit de la plage des Sablettes, au centre du secteur concerné, une grande zone de sable soumis à l'hydrodynamisme (nombreux ripple-marks orientés ouest-est) semble limiter le développement vers la côte de l'herbier, à 7-8 m de profondeur. La limite supérieure est franche avec quelques îlots installés, en aval, sur le sable et qui présentent une bonne vitalité (densités normales, fort pourcentage de rhizomes plagiotropes). Sur le pourtour du chenal d’érosion caractéristique de l’Anse des Sablettes, l’herbier est observé sous la forme d’îlots. La limite supérieure de l’herbier descend jusque -16m au centre de ce chenal. 

Le long de la face est de l'anse des Sablettes, au niveau des avancées rocheuses des pointes de Saint-Elme et de Pin Rolland, l'herbier remonte en placage sur les affleurements rocheux et les gros blocs, jusqu'à 50 cm de profondeur. On retrouve au niveau de ces pointes, un herbier de faible profondeur, en mosaïque, avec des taches de mattes et des tapis d'algues photophiles en placage sur la roche. Le recouvrement de l'herbier est important pour une limite supérieure, 30 à 40 % (à - 6 m) et les densités sont normales à subnormales supérieures. L'enchevêtrement des blocs et des frondes forme des failles et des méandres, de relief important, au creux desquels on observe une faune et une flore sciaphiles des petites profondeurs. 

Les rhizomes sont majoritairement orthotropes, toutefois de nombreux rhizomes plagiotropes (à croissance horizontale) sont observés, ce qui peut caractériser une tendance à la progression ou tout au moins à la stabilité de l'herbier. Quelques Pinna nobilis d’environ 25 cm ont été observées dans l’herbier vers - 25m. 

En bord de plage à Saint-Elme, quelques cymodocées éparses (Cymodocea nodosa) colonisent le sable. 

XIV.1. CARACTERISTIQUES BIOLOGIQUES 

Posidonia oceanica est une espèce de phanérogame marine endémique de la Méditerranée. Elle forme des prairies sous-marines appelées « herbiers de Posidonie ». Les rhizomes et les racines de P. oceanica qui se développent de manière étroitement liée, sur les substrats meubles ou parfois rocheux, forment un maillage solidaire appelé la matte. Les herbiers à P. oceanica se développent à la fois verticalement (rhizomes orthotropes) et horizontalement (rhizomes plagiotropes), de la surface jusqu’à 30-40 m de profondeur dans certaines régions (Boudouresque et al., 2006). Les feuilles sont groupées en faisceaux. La zone de croissance des feuilles est située à leur base. On distingue les feuilles juvéniles : les feuilles de moins de 5 cm de longueur et les feuilles intermédiaires : les feuilles de plus de 5 cm. Les feuilles adultes présentent à leur base une gaine qui se met en place lorsque la croissance est achevée. 

Les caractéristiques fonctionnelles principales de l’herbier de posidonie sont les suivantes : 

? l’herbier intervient sur la qualité des eaux littorales : production d’oxygène, piégeage de sédiments, 

? il représente également un site de forte production, 

? il développe un pôle de biodiversité (20 à 25% des espèces végétales et animales connues en 

? Méditerranée), 

? il constitue un des premiers maillons des chaînes alimentaires marines. 

L’herbier constitue un lieu de gîte, de frayère et de nurserie pour de nombreuses espèces animales qui y trouvent nourriture et protection. L’herbier joue également un rôle fondamental dans la protection contre l’érosion de la frange côtière et des plages. 

 

ECOLOGIE DE LA POSIDONIE

Par l’importance de sa production primaire, par la richesse de sa flore, de sa faune, de ses épiphytes, par son rôle déterminant pour l’ensemble des équilibres biologiques et sédimentologiques du littoral, l’Herbier de Posidonie est actuellement considéré comme l’écosystème pivot de la Méditerranée. 

La lumière constitue l’un des facteurs les plus importants pour la répartition et la densité de Posidonoia oceanica. En effet, le développement de Posidonia oceanica dépend de la ressource en lumière, et sa répartition en profondeur (limite inférieure) dépend donc fortement de la transparence des eaux. On la trouve de la surface jusque 40 m de profondeur. 

La salinité, la température de l’eau et l’hydrodynamisme constitue également des facteurs intervenant dans sa répartition. 

XIV.4. STATUT REGLEMENTAIRE 

 

L’espèce est protégée en France par l’Arrêté interministériel du 19 juillet 1988 (J.O.du 9 août 1988, p. 10 à 128) relatif à la liste des espèces végétales marines protégées. L’importance écologique des herbiers à Posidonia oceanica rend leur régression particulièrement préoccupante. Ainsi, elle apparait sur les listes d’espèces menacées (BELSHER et al., 1987 ; BOUDOURESQUE et al., 1990), bien que ce ne soit pas l’espèce en elle-même mais l’écosystème qu’elle édifie qui soit menacé. Posidonia oceanica est protégée par la loi en France, dans le cadre de la Loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature, par l’Arrêté du 19 juillet 1988 relatif à la liste des espèces végétales marines protégées : il est interdit "de détruire, de colporter, de mettre en vente, de vendre ou d’acheter et d’utiliser tout ou partie" de la plante. 

D’autres initiatives légales au niveau national et communautaire viennent renforcer son statut de protection : 

- Arrêté de protection de la Posidonie en tant que plante (19 juillet 1988, J.O. du 09 août 1988). 

- Prise en considération de l'herbier de Posidonie en tant que biotope dans le décret d'application (n°89.694 du 20 septembre 1989) de la "Loi littoral" n°86.2 du 3 janvier 1986. Ce décret d'application impose notamment la réalisation d'une notice d'impact spécifique sur le milieu marin, et en particulier sur l'herbier de Posidonie, pour tout projet d'aménagement littoral. De plus, la présence d'herbiers doit également être prise en compte dans les dossiers d'aménagement et les études d'impact (Loi sur l'eau n° 92.3 du 3 janvier 1992 ; Loi relative à la protection de la nature n°76.629 du 10 juillet 1976). 

- La Directive de l'Union Européenne du 21 mai 1992 (92/43/CEE) sur la conservation des habitats naturels et de la faune et la flore sauvage (dénommée "Directive Habitats") inclut les herbiers de Posidonie dans son Annexe 1 (“Natural habitat types of Community interest whose conservation requires the designation of special areas of conservation“), avec la mention "priority habitat type". 

- La Posidonie apparaît dans les Annexes de la Convention de Barcelone (adoptées en décembre 1995) et de la Convention de Berne (adoptées en février 1996); 

- Les herbiers marins sont pris en compte par l'Unesco, depuis la conférence de Rio en 1992. 

Date de dernière mise à jour : 26/01/2021

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